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Grégory Baudouin

Grégory Baudouin

Patriote et Républicain, ancien membre des Troupes Aéroportées, Président-Fondateur du Cercle Jean Moulin, mes références sont Jean Pierre Chevènement & Jean Moulin.


18 juin Charles, Bruno, Bip … l’Honneur par Grégory Baudouin

Publié par par Grégory Baudouin sur 18 Juin 2018, 20:19pm

Catégories : #la Chronique, #Grégory Baudouin

18 juin Charles, Bruno, Bip … l’Honneur par Grégory Baudouin

On pourrait en dire des choses quant au 18 juin.

 

C’est le jour du décès du Général.  Non, je ne parle pas du Général de Gaulle bien sûr, mais de Bruno évidement, le Général Bigeard. Le Général Bigeard qui entra gamin dans la Résistance française à l’appel du Général de Gaulle, puis s’engagea dans l’armée, les Paras.  Seconde classe, il gravit tous les échelons pour devenir sous-officier, officier, officier supérieur, officier général, alors que d’aucuns lui refusaient son étoile car n’ayant fait aucune école de guerre.

 

 

L’école de guerre, lui, l’a fit sur le terrain pas assis sur un banc. La Résistance, l’Indochine, Dien Bien Phu, la marche de la mort, l’Algérie, Alger et le rétablissement de l’ordre. Il refusa d’ailleurs de s’allier avec les félon de l‘OAS. Une chose prévalait pour lui : l’honneur et la République, donc la France. Il finit par servir son pays en devenant Ministre de la République et le militaire le plus médaillé de toute l’armée.

 

Décédé un 18 juin, malgré ses états de service glorieux, la France lui refusa sa dernière volonté : parachuter ses cendres au-dessus de la cuvette, au sein de ce pays qu’il avait tant aimé.

 

C’est bien sûr l’appel. L’appel du 18 juin. L’appel du grand Charles, du Général de brigade (à titre temporaire) Charles de Gaulle. Mais le véritable appel est celui qu’il fit le 18 sur les ondes de la BBC. Celui dont on n’a conservé aucune trace car il ne fut pas enregistré. Celui que nous connaissons est un ré-enregistrement, fait à la demande des Anglais le 22 juin.

 

Cet appel qui fut très peu entendu en fait, mais qui se répandit comme une flamme en été sur la garrigue, et qui fit que du nord au sud en passant par l’ile de Sein, un petit nombre d’hommes refusèrent le déshonneur de la défaite, et décidèrent de reprendre les armes avec ce grand échalas.

 

Parmi ceux-ci, il y en eut 177 qui suivirent un « fou », le Commandant Kieffer, et ce furent les seuls Français à débarquer sur les plages de Ouistreham le 4 juin 1944. Parmi eux Hubert Faure.  Il est le vétéran à 104 ans des 4 derniers du Commando Kieffer, un Commando Marine. J’ai eu l’honneur de le rencontrer et de l’interviewer pour le dernier film du Cercle Jean Moulin «  3 vies, 3 destins, 3 mémoires ». Ce fut une rencontre riche et qui compte pour moi. Il est de ceux qui avaient pour devise Honneur et Patrie, la devise de la Résistance, comme les 1038 autres Résistants qui seront fait Compagnons de la Libération par le Général de Gaulle.

 

Parmi ceux-ci Bip, alias Caracalla, alias Daniel Cordier, qui refusera le déshonneur de l’abandon du Général de Gaulle. « Qui abandonne une fois, abandonne toujours » dit un autre Commando Marine de ma connaissance, le Maitre principal Marius. Tel aurait pu être une des devises de Daniel Cordier, qui s’embarqua pour l’Afrique pour continuer le combat après avoir vécu des amours cachés au Lycée, se retrouve en Angleterre suite à un contretemps, devient un agent du BCRA par hasard, puis le Secrétaire Particulier de Rex (Jean Moulin) par un concours de circonstances, et enfin son biographe et son historien par conviction.

 

J’ai rencontré Daniel Cordier en 2014 chez lui. C’est un homme, c’est un Homme qui aura marqué ma vie, mon existence. Ils ne sont plus que 6 aujourd’hui, plus que 6 Compagnons. A 98 ans, il a consenti, lui qui n’aime rien de plus que la liberté, le sud et la joie, à être enterré au Mont Valérien, si d’aventure la vie lui jouait le tour d’être le dernier des témoins.

 

18 juin 2018, le Président Macron lui a rendu hommage et après l’avoir fait grand Chancelier de l’Ordre National des Compagnons de la Libération, il lui a remis la médaille de Grand Croix de la Légion d’Honneur.

 

Après sa grande interview pour la presse papier au « Monde », il a fait une grande interview d’une demi-heure sur France Inter ce jour. Quand je l’écoutais parler, je reconnaissais tous les tons de sa voix, toutes ses intonations, tous ces moments de réflexion exactement comme je les ai vu. Quand je l’écoutais parler, je voyais ce dont il parlait par moment, ce « bordel » autour de lui, dans son salon, dans sa chambre où il me montrait le manuscrit « à la main »* de son dernier ouvrage qu’il écrit depuis des années sur  sa vie. Quand je l’écoutais parler, je revoyais ses yeux. Ses yeux où jamais la flamme de la Résistance ne s’est éteinte, ses yeux où jamais la flamme de la joie ne s’étiole, outre de très rare moment de silence où il réfléchit profondément à la réponse qu’il va vous faire et où un souvenir lui revient.

 

Daniel, Daniel Cordier, c’est la transmission de la Mémoire, du savoir, de l’art. Amoureux de la peinture, il fit des dons d’œuvres  (500 pour le musée Pompidou), de livres (15 000 livres à la bibliothèque de Lyon).

 

Daniel Cordier c’est la joie, il le dit lui-même, il est heureux. Mais toujours selon lui, c’est un solitaire. Un solitaire qui ne peut qu’être entouré tant sa parole est riche, riche d’enseignements et communicative. Rencontrez Daniel Cordier et vous en ressortez avec une pèche d’enfer.  Je regarde souvent cette dédicace qu’il me fit, à notre première rencontre. Son écriture est si particulière que seule sa secrétaire, la si aimable et serviable Patricia, arrive à déchiffrer. Et c’est pourquoi elle m’en fit une « traduction » .

 

Daniel Cordier, c’est l’honneur, l’honneur de la France, l’honneur du « Patron » Jean Moulin à qui il a voué sa vie, même après mort. Max lui avait transmis sa mémoire, la République mais aussi l’amour de l’art, dont il fit son métier.

 

Daniel Cordier récompensé en ce 18 juin pour ce qu’il a été, pour ce qu’il fit, pour ce qu’il fait. Quand il viendra à être inhumé au Mont Valérien, si je ne suis pas dans les invités d’une manière ou d’une autre, je serai au Mont près de lui en tout état de cause pour l’accompagner dans son dernier voyage. Celui où il rejoindra « le patron »  auprès duquel il s’est battu dans l’honneur, pour l’honneur. A ce sujet, il me dit et  c’est là, la dernière phrase du Film réalisé par le Cercle Jean Moulin et produit par Hérisson Production «  J’espère ne pas avoir trahit ce que j’ai fait, et le souvenir de mes camarades, de TOUS mes camarades, du plus petit au plus grand, j’espère avoir été fidèle ».

 

Par le ciel, partout, pour tous, 

avec vigilance et persévérance, 

que la Force soit avec vous,

Salut et Fraternité.

 

 

 

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