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Grégory Baudouin

Grégory Baudouin

Patriote et Républicain, ancien membre des Troupes Aéroportées, Président-Fondateur du Cercle Jean Moulin, mes références sont Jean Pierre Chevènement & Jean Moulin.


Notre Dieu est mort par Grégory Baudouin

Publié par par Grégory Baudouin sur 21 Juin 2018, 17:15pm

Catégories : #la Chronique, #Grégory Baudouin

Notre Dieu est mort par Grégory Baudouin

21 juin, 21 juin 1943 jour funeste. Max est en retard, c’est suffisamment inhabituel pour être noté. Il a un rendez-vous important, une consultation spéciale au cabinet du Docteur Dugoujon. C’est André Lassagne, l’adjoint du Général Delestraint pour la zone sud qui a convenu du lieu. Une bâtisse retirée sur les hauteurs de Caluire. Elle a une issue à l’arrière. Elle est discrète.

 

Les cinq premiers participants arrivent et se présentent à Marguerite Brossier, employée du Docteur Dugoujon. Chacun lui disent : « Nous venons de la part de part de Monsieur Lassagne ». Ils sont alors conduits au 1er étage. Ce sont André Lassagne, Albert Lacaze (membre de l’état-major de l’armée secrète), Bruno Larat (chef des opérations de parachutage et d'atterrissage), Henry Aubry (chef de cabinet du Général Delestraint), René Hardy (responsable de NAP-Fer). Hardy aurait été mandaté par Pierre Benouville pour le remplacer à cette réunion. C’est aussi inhabituel. Personne ne se fait jamais remplacer au pied levé. C’est une question de sécurité.

 

Max arrive donc avec 45 minutes de retard à cette réunion. En haut, tout le monde est nerveux, tournent en rond, surtout Hardy. Max est accompagné de Emile Schwarzfeld (chef du mouvement France D’abord est pressenti pour succéder au Général Delestraint, chef de l’Armée Secrète, arrêté quelques jours plus tôt par la Gestapo) et Raymond Aubrac (membre de Libération et de l’état-major de l’AS).

 

A leur arrivée, ils sont dirigés par Mme Brossier, qui les croie consultants du fait de leur retard, dans la salle d’attente où se trouvent déjà d’autres patients. Cela fait dix minutes que tout ce beau monde est réuni quand plusieurs tractions arrivent sur la place. En sortent à vive allure des hommes, pistolet à la main et mitraillette en bandoulière.

 

4 ou 5 rentrent de suite dans la salle d’attente à gauche en hurlant : «Police Allemande, ou est Max ! » quand les autres montent de suite à l’étage et investissent la salle où sont réunis les résistants. Max a le temps de glisser à Aubrac  « je suis Max » manière de lui faire comprendre que les Allemands ne doivent pas savoir qui est Max, plus le doute dure sur l’identité réelle de Max, plus ce sera profitable à la Résistance.

 

Après force de coups de poings et de crosse, tout le monde est sorti dans la cour afin d’être mis dans les tractions. Hardy dont les liens auraient été lâches, bouscule un Allemand, coure puis fait un roulé boulé dans les buissons tandis que la Gestapo tire mollement dans sa direction une rafale qui semble se perdre dans le ciel. Ceux-ci descendent vers les buissons mais en remontent très vite bredouilles.

 

C’est alors le départ en direction du Fort de Montluc…. La Résistance vient d’être décapitée. Max sera incarcéré dans la cellule 131. Il subira tant de tortures que la dernière personne a l’avoir vu pour le raser, Aubry (dont il se dit que ce serait lui qui aurait craché le morceau sur qui était Max) aura peine à le reconnaître dira-t-il plus tard, tant le boucher de Lyon, Klaus Barbie, chef la Gestapo de Lyon et ayant dirigé l’opération de Caluire l’aurait frappé. Max, Jean Moulin, décédera le 08 juillet, des suites de ses blessures, dans un train à hauteur de Metz.

 

En apprenant la nouvelle de son arrestation, Daniel Cordier, son fidèle Secrétaire Particulier, ne pourra s’empêcher de s’écrier  « notre Dieu est mort ».

 

Par le ciel, partout, pour tous,

Avec vigilance et persévérance,

Que la Force soit avec vous,

Salut et Fraternité.

 

 

Après la seconde Guerre Mondiale :

 

  • André Lassagne : rentré de déportation,
  • Bruno Larat : mort en déportation,
  • Albert Lacaze : incarcéré puis relâché en juin 1944, en même temps que le docteur Dugoujon,
  • Henry Aubry : incarcéré puis relâché à la fin de l’année 1943,
  • René Hardy : gracié par deux fois par la justice française L,
  • Jean Moulin : décédera des suites de ses blessures le 08 juillet 1943,
  • Emile Schwarzfeld : il mourra en déportation, 
  • Raymond Aubrac, incarcéré puis évadé.
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