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Grégory Baudouin

Grégory Baudouin

Patriote et Républicain, ancien membre des Troupes Aéroportées, Président-Fondateur du Cercle Jean Moulin, mes références sont Jean Pierre Chevènement & Jean Moulin.


Sombre avenir et Paella une chronique de Grégory Baudouin

Publié par via le Cercle Jean Moulin sur 18 Février 2020, 22:53pm

Catégories : #Grégory Baudouin, #la Chronique

Sombre avenir et Paella une chronique de Grégory Baudouin

Je regardais ce jour un formidable reportage sur Arte quant aux gens du voyage. Je suis sensible à plus d’un titre à cette thématique. En premier lieu puisque j’ai de la famille qui est du voyage quand bien même, comme beaucoup, ils se sont sédentarisés. J’adorais gamin aller sur « le terrain ». Mon oncle, ma tante, le terrain, c’est aussi mon enfance, mon adolescence. Les combines de mon oncle, les marchés… J’adorais leurs caravanes, la vie un peu borderline de mon oncle, hélas trop tôt décédé dans un accident domestique à la con la seule fois où il a accepté de construire quelque chose en dur. Je n’oublie pas l’honneur que m’ont fait mes cousins de porter le corps de mon oncle et ma tante pour les sortir de la caravane après la veillée funèbre afin de les mettre dans ces maudits cercueils.

 

Et puis à côté de cela, la première fois que j’ai entendu parler des roms, des tziganes, des gitans, qu’il ne faut surtout pas confondre les uns avec les autres au risque de subir le courroux de tous « sur la tête de leurs morts », c’est avec les camps de la mort. Le régime du fou autrichien n’a jamais compris pourquoi ces gens n’étaient pas sédentaires, il n’a jamais compris le pourquoi de leur mode de vie. Il les a toujours considérés comme des dégénérés, comme des sous-hommes et à ce titre, comme les juifs, il se devait de les exterminer. Ils furent nombreux à entrer dans les camps de la mort. Ils furent peu nombreux à en sortir vivant.

 

Dans ce reportage sur Arte, des gens du voyage issus de la communauté des gitans expliquaient leur vénération à Sarah. Pendant la procession, je voyais des milliers de gitans qui se pressaient pour approcher les reliques de la sainte. Je me posais la question du pourquoi, du comment on peut vénérer un ou des nonosses, quand me vint une autre question : Sur les côtés de la procession pourquoi autant de personnes avec le téléphone portable à la main ? Mais comment faisait-on auparavant ? Certes, je suis de ceux qui dégainent souvent le portable pour prendre des photos. Je ne me contente pas d’accumuler les giga dans un ordinateur ; elles sont toutes classées par catégorie (ma douce, mes têtards, ma famille, mes animaux, mes amis…), par année et par date.

 

Mais les plus belles images que j’ai sont celles que j’ai vécues, celles que j’ai dans la tête. Mon enfance, mon adolescence, mon mariage, la naissance de mes filles, mes chiens… Il n’y avait pas de portable pour prendre de photos à cette époque et nous n’avions pas obligatoirement d’appareil photos à disposition. J’ai eu les genoux écorchés, j’ai joué dans une décharge publique, j’ai mangé mon goûter ensuite, je suis tombé d’arbre, je me suis posé dans le froid dans la clairière d’un bois où nous avions fait un petit feu, je me suis posé nu à côté d’un ruisseau dans lequel je venais de me baigner, j’ai mangé la meilleure des paellas au monde car faite par ma grand-mère puis ma maman. J’avais tout : l’impatience de manger, l’ouïe pendant la cuisson, la vue, l’odeur, le toucher, le goût et surtout l’ambiance, la famille unie, « toda la familia »…Il n’empêche que lorsque je repense à ces instants, je les revois ; et, par exemple, sentir un feu de bois me renvoie immédiatement en flash à mon enfance dans les bois, dans le salon de mes parents ou celui de mes grands-parents.

 

Je me demande comment seront les souvenirs de nos gosses, si ce n’est numérique. J’ai peur qu’un toucher, une odeur n’évoque plus rien pour eux quand nous ne serons plus là. J’ai peur que la société de demain s’uniformise et s’individualise de plus en plus, et que mes arrières-petits-enfants ne se rencontrent pas, même pour une fécondation in vitro pour assurer leur descendance. Sombre avenir que je vois pour l’humanité.

 

Ainsi ai-je parlé, Salut et Fraternité.

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