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Grégory Baudouin

Grégory Baudouin

Patriote et Républicain, ancien membre des Troupes Aéroportées, Président-Fondateur du Cercle Jean Moulin, mes références sont Jean Pierre Chevènement & Jean Moulin.


Petites confessions d'un enfant siècle. par Claude Nicolet, Délégué Général du Mouvement des Citoyens, Secrétaire Général - adjoint de République Moderne

Publié par via le Cercle Jean Moulin sur 18 Août 2020, 13:08pm

Catégories : #claude nicolet, #Mouvement des Citoyens, #MdC, #république moderne, #RM

Petites confessions d'un enfant siècle. par Claude Nicolet, Délégué Général du Mouvement des Citoyens, Secrétaire Général - adjoint de République Moderne
Il y a quelques jours, un homme d'Etat a fait part de son inquiétude quant à l'avenir de la République. Fort modestement je partage ce sentiment qui s'appuie, à n'en pas douter, sur une solide analyse et une expérience acquise de longue date.
Je sais aussi le désarroi de nombre d'entre-nous face à une situation qui semble nous échapper, comme l'eau ou le sable nous filant entre les doigts.
Notre société se fracture sous nos yeux sans que rien semble pouvoir l'en empêcher.
Rejet de notre passé, de notre histoire, de notre culture. Condamnation sans appel d'une identité "nationale" qui ne serait bâtie que sur le crime, le racisme, les discriminations de toutes sortes.
Multiplication des violences et des agressions. Replis farouches et de plus en plus agressifs sur des "communautés d'origines" qu'elles soient ethniques, culturelles, de sexe, religieuses...
La République, notre République se disloque au fur et à mesure que s'installe la guerre identitaire.
Cette menace est mortelle. Cette menace est réelle.
Je n'ignore pas les questionnement, les interrogations qui peuvent naître face à ce qu'avec d'autre nous essayons de faire apparaître au grand jour. Mais je suis arrivé aujourd'hui à une conclusion relativement simple. Ce combat est aujourd'hui existentiel. Notamment pour une raison, c'est qu'il l'est pour nos ennemis et j'emploie ce terme à dessein.
La République ne peut survivre sans la communauté des citoyens. Elle n'existe même pas sans eux. Or notre pays, s'est forgé une identité particulière fondée sur l'universalisme. Ambition démesurée, prométhéenne que Rousseau avait parfaitement identifiée et que Ernest Renan dans sa magistrale conférence (Qu'est-ce qu'une Nation?) avait "humanisé" dans cette magnifique synthèse du plébiscite de chaque jour et de l'amour charnel pour le pays. Mais aujourd'hui, à l'heure des immenses surfaces commerciales partout les mêmes, de nos villages abandonnés, de nos campagnes qui parfois se meurent, de l'humanité qui s'entasse dans d'immenses mégalopoles, est-ce qu'un Charles Péguy pourrait encore exister?
Amine Maalouf nous avait mis en garde, mais à l'heure ou les machines à la puissance de calcul qui tend vers l'infini prennent en main notre destin à coup d'algorithme, la République universelle se voit désormais dénier le droit même à l'existence pour céder le pas aux camps retranchés communautaires et identitaires. Cette perspective c'est la fin de la République, c'est même la fin de la France.
Certains de mes amis s'étonnent, voire s’inquiètent de ce qu'ils considèrent comme une évolution dangereuse, un virage "à droite" et de quitter la terre promise de la gauche...qu'ils se rassurent, je n'ai rarement autant eu le sentiment de voir clair et peut-être même, juste. J'essaie tout simplement de me déterminer en homme libre et de regarder les temps qui viennent, ceux de la guerre de tous contre tous.
Il y a près de 40 ans, nous dénoncions les conséquences catastrophiques que produirait le triomphe de l'idéologie néolibérale...la France a résisté plus longtemps que les autres, un peu comme lors de la crise de 1929 qui s'est fait sentir chez-nous plus tardivement. Mais notre effondrement est plus brutal que chez les autres et se fait plus rapidement, un peu comme en 40...Cela tient à notre génie propre, notre histoire et la façon dont s'est construite la Nation.
Ce "génie", cette identité qui tient du spirituel (la République est une exigence, une philosophie, une littérature, une poésie, un imaginaire) et du charnel (la beauté de nos paysage, un certain art de vivre, une relation aux autres) faisant de la France la Grande Nation, après avoir été la fille aînée de l'Eglise et que Dieu lui même aimait y vivre, selon nos voisins d'outre Rhin qui, pendant quelques siècles ne révèrent que d'y venir passer des séjours prolongés.
Là était notre force, dans la puissance d'un imaginaire constamment alimenté par l'Etat qui savait mettre au pas (avec cruauté si nécessaire), les petits et les grands. Tant que la République sut incarner les deux corps du roi (L'Etat et la Nation), elle fût puissante et légitime, incontestable. C'est de moins en moins le cas aujourd'hui.
Les discours sur le peuple européen, la souveraineté européenne corrodent continuellement cette articulation entre ce que nous sommes et cette indispensable projection vers l'universel qui nous est indispensable pour exister.
L'organisation de l'impuissance de l'Etat pour intervenir dans la régulation de l'économie, corrode notre pacte social, inséparable de l'idée que nous nous faisons du progrès et de l'égalité.
Le refus de plus en plus ouvertement affiché d'un certains nombres de "communauté", en particulier l'idéologie islamiste portée par les salafistes de se mettre en dehors des lois de la République, donc de la Nation, corrodent jour après jour le pacte républicain et de l'idée que nous nous faisons de la citoyenneté. Car oui, ils portent une offensive idéologique, culturelle, philosophique antinomique avec ce que nous sommes et il faut le dire. Cette lutte sera terrible, il ne faut se faire aucune illusion. Et je me désespère de constater que tant qui devraient être des nôtres dans ce combat, par aveuglement, par incompréhension, par lâcheté aussi, il faut le dire, font exactement les mêmes erreurs d'analyses qu'il y a près de 40 ans vis à vis du néolibéralisme et de son fidèle compagnon en France, le FN qui a prospéré sur nos propres renoncements.
Alors oui, aujourd'hui je suis inquiet pour l'avenir même de la République, donc de la Nation. Oui aujourd'hui il y a des enjeux qui concernent directement l'existence même de la République et qui dépassent de loin les quelques préoccupations partisanes, certes légitimes, mais aujourd'hui secondaires face aux enjeux auxquels nous sommes confrontés.
Demain comme aujourd'hui j'écrirai sur Facebook.
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